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Un secret de Philippe Grimbert
Le Livre de Poche - 2004
185 pages
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●_Souvent les enfants s'inventent une famille, une autre origine, d'autres parents. Ainsi l'imaginaire, par la grâce de ce « roman familial », vient-il au secours d'une réalité à laquelle, sans doute, il manque quelque chose.
Le narrateur de ce livre, lui, s'est inventé un frère. Un frère aîné, plus beau, plus fort, qu'il évoque devant les copains de vacances, les étrangers, ceux qui ne vérifieront pas... Et puis un jour, il découvre la vérité, impressionnante, terrifiante presque : ce frère a existé. Et c'est alors toute une histoire familiale, lourde, complexe, qu'il lui incombe de reconstituer. Une histoire tragique qui le ramène aux temps de l'Holocauste, et des millions de disparus sur qui s'est abattu une chape de silence.
Le narrateur de ce livre, lui, s'est inventé un frère. Un frère aîné, plus beau, plus fort, qu'il évoque devant les copains de vacances, les étrangers, ceux qui ne vérifieront pas... Et puis un jour, il découvre la vérité, impressionnante, terrifiante presque : ce frère a existé. Et c'est alors toute une histoire familiale, lourde, complexe, qu'il lui incombe de reconstituer. Une histoire tragique qui le ramène aux temps de l'Holocauste, et des millions de disparus sur qui s'est abattu une chape de silence.
Psychanalyste, Philippe Grimbert est venu au roman avec La petite robe de Paul. Avec ce nouveau livre, couronné en 2000 par le prix Goncourt des lycéens et en 2005 par le Grand Prix littéraire des lectrices de ELLE, il démontre avec autant de rigueur que d'émotion combien les puissances du roman peuvent aller loin dans l'exploration des secrets à l'½uvre dans nos vies.
●_L'Autriche est annexée, la Pologne envahie, la France entre en guerre. Les pages défilent : victoire de l'Allemagne nazie, signature de l'armistice, instauration du régime de Vichy. Des noms claquent, criés dans les rues par les vendeurs de journaux, des visages s'affichent, auxquels la France va confier la destinée. On voit défiler des chars, des troupes de conquérants descendre au pas de l'oie les Champs-Elysées. Sur la terrasse du Trocadéro un homme en grand uniforme, les mains au dos, contemple la tour Eiffel d'un ½il de propriétaire. Le mal se répand, en quelques mois les valeurs s'inversent et les figures jusque-là familières deviennent l'incarnation du danger. Ceux qui assuraient la sécurité, réglaient la circulation, tamponnaient les papiers officiels, deviennent les auxiliaires zélés d'un projet implacable, fonctionnaires dont la simple signature peut bouleverser un destin. L'ennemi n'est plus seulement reconnaissable à ses uniformes vert-de-gris, à ses longs imperméables, il peut aussi se dissimuler sous les manches de lustrines des employés de mairie, sous la pèlerine des sergents de ville, sous l'autorité des préfets et jusque dans le regard amical des voisins. Le gros autobus à plate-forme qui transportait les citadins à leur travail, déposait ses voyageurs devant jardins et cinémas, va s'alourdir de cargaisons d'hommes et de femmes chargés de balluchons. La quinze-chevaux qui emmenait des familles heureuses sur la route des vacances s'arrête désormais au petit matin devant les porches des immeubles pour y semer la terreur.
●_Très simple à lire, on s'y accroche dès la première page. J'aime beaucoup les bons dans le passé; toujours en restant un peu dans le présent. Ce livre n'est pas comme les autres, qui traitent le même sujet; ils parlent beaucoup des camps, de ce qu'on y faisait. Mais ici, non, c'est en dehors, dans une petite famille où les séparations sont dures ...

